Mes ancêtres du textile dans le Nord

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Dans ma généalogie du Nord, une majorité de personnes exerçaient un métier lié à l’agriculture : journaliers, valets de charrue, cultivateurs, bergers… Mais de nombreux individus ont aussi exercé une profession liée au textile (parfois même en complément d’une profession agricole). Ce n’est pas étonnant puisque le Nord-Pas-de-Calais a connu une forte activité textile.
Au Moyen Age déjà, de nombreuses villes de Flandre, du Hainaut et de l’Artois connaissent un développement de l’activité drapière. Progressivement, chaque zone se spécialise dans un type d’étoffe. Celles qui sont concernées par ma généalogie sont :

- le Cambrésis (Solesmes, Viesly, Neuvilly), qui se spécialise dans les toiles fines
- l’Avesnois (Landrecies, Forest-en-Cambrésis, Le Favril, Salesches), qui se spécialise dans la laine peignée
- le Valenciennois (Rumegies)
- le Douaisis (Goeulzin)



La région avant 1678 : le comté de Flandres en bleu (avec le Douaisis), le comté de Hainaut en orange (avec l’Avesnois et le Valenciennois), la province du Cambrésis en violet, le comté d’Artois en vert. Wikipédia

Mon premier ancêtre connu qui a exercé un métier du textile est Jean CHATELAIN. Il est tisserand dans le Cambrésis au début du XVIIIe siècle.
Le tisserand transforme les fils en étoffes. Il les revend ensuite aux manufactures. Il travaille à domicile, avec un métier à bras (« l’otil ») installé le plus souvent dans sa cave. Les fils restent ainsi plus souples et maniables. Les conditions de travail sont donc assez difficiles.
Après lui, Louis Stanislas DUBAIL est également tisserand dès la fin du XVIIIe siècle, mais dans le Douaisis.

Il semble qu’au XIXe siècle, les tisserands soient désormais appelés des tisseurs.
C’est le cas de François RUELLE et de son fils Louis RUELLE dans le Cambrésis.
A cette époque, le Cambrésis se spécialise dans le tissage des toiles fines comme le damas, le jacquard, le cachemire ou encore le lin.



 Métier à bras, Musée des traditions populaires de Moûtiers

Le tissage du lin est très présent dans le Cambrésis. C’est le travail du mulquinier, qui tisse les batistes, des étoffes de toile de lin. Les fils de lin sont très fins et les batistes du Cambrésis ont une certaine notoriété en Europe.
Cette profession est exercée par Jean François TRIGAUX, par Joseph Alexis BASQUIN et par son fils Joseph BASQUIN, tous trois à Neuvilly au XVIIIe siècle.

Les fils nécessaires au tissage sont fabriqués par les fileuses des villages. Ce sont elles qui transforment les fibres de laine, de coton ou de lin en fils plus ou moins fins. Les filatures de laine se développent dans le Cambrésis et l’Avesnois au XIXe siècle. Les fileuses travaillent avec un rouet.
Dix femmes de ma généalogie exercent cette profession : la première est Marie Catherine ATQUET (v.1727-1793), la dernière est Victoire Joseph GANTOIS (1815-1865). Elles se trouvent toutes dans le Cambrésis et l’Avesnois, on peut donc en déduire qu’elles sont fileuses de laine.


Rouet, Musée des traditions populaires de Moûtiers

Les fileuses, les tisseurs et les mulquiniers à domicile disparaissent peu à peu au XIXe siècle. Le métier mécanique à filer et à tisser apparaît, et remplace le rouet et le métier à bras. Les ouvriers du textile se trouvent désormais dans de vastes manufactures situées dans les cités industrielles (Lille, Armentières, Cambrai…).

Avant de filer la laine, il est nécessaire de fabriquer les fibres qui seront utilisées par les fileuses. C’est le travail des peigneurs de laine, qui la trient, la lavent plusieurs fois puis la peignent sur un brasier ardent. Les poignées obtenues sont expédiées aux négociants qui les font filer dans les villages voisins.
Je n’ai qu’un ancêtre qui exerce cette profession : Antoine Joseph DELWARDE à Solesmes au début du XIXe siècle.

Cette profession s’industrialise elle aussi au cours du XIXe siècle.


Atelier de peignage de laine en 1783 dans la région de Tourcoing, Métiers d'autrefois illustrés sur le net

Enfin, les tailleurs et les couturières fabriquent les vêtements.
Parmi mes ancêtres, le premier à être tailleur d’habits est certainement Noël Joseph LANGLET au XVIIIe siècle dans le Cambrésis. Il est désigné comme « tailleur ». Au XIXe siècle, on trouve Fortuné Frédéric COCHON.
Son épouse Cordule LEFEBVRE est couturière, de même que sa fille Eugénie Napoléonne COCHON et que Marie Louise MOREAU.
Tous exercent dans trois des quatre régions étudiées.

Sources

Isabelle LECLERCQ, Le textile dans le Nord, Le textile dans le Nord de la France à travers la carte postale ancienne, HC Editions, 2006

Les Métiers d’Autrefois

 
Métiers d’Autrefois illustrés sur le net : Les tisserands autour de Roubaix-Tourcoing


Wikipedia : le comté du Hainaut

Musée des traditions populaires de Moûtiers

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